Guillaume Pommereau, Flotte Automobile - 01/05/2011
SFD entreprise a revu sa car policy en optant pour des véhicules peu polluants.
À l’heure actuelle, 80 % des 207 véhicules du parc de SFD se situent sous les 120 g d’émissions de CO2 et 35 % sous les 107 g. « Pour diminuer son empreinte écologique, la décision de baisser les émissions de notre flotte a été prise en 2008 et mise en oeuvre en 2009. C’est à ce moment que nous avons introduit, dans notre car policy, la Golf Blue Motion, avec des émissions à 107 g ; ce modèle recouvre 40 % de notre flotte et il est désormais rejoint par les nouvelles Ford Focus et Citroën C4 », relate Emmanuel Rétif, directeur des ressources humaines et responsable du parc automobile de SFD.
Des diesels peu émetteurs de CO2 et pourvus de FAP
En outre, toutes les Golf sont équipées du Stop&Start, tout comme une partie des C4, et cet équipement se généralise sur les nouveaux véhicules du parc. « Là encore, l’objectif est de faire reculer les consommations et les émissions de CO2. De même, tous nos véhicules sont des diesels pourvus du filtre à particules », reprend Emmanuel Rétif. Qui ajoute : « Cette démarche sera poursuivie à l’avenir parce qu’elle nous permet d’oeuvrer selon trois axes : améliorer le pilotage économique de notre flotte par le biais des bonus, favoriser notre engagement citoyen avec des véhicules propres, tout en renforçant notre attractivité visà- vis des commerciaux ». Avec une précision : « Ces derniers ont en moyenne trente ans et sont très attentifs au développement durable ». Lorsqu’il évoque sa flotte, Emmanuel Rétif met aussi en avant l’agilité et la réactivité de sa car policy, avec notamment un suivi très attentif des progrès et des produits des constructeurs.
Ainsi, le responsable réfléchit à introduire l’Auris hybride de Toyota dans son parc. « Avec ses émissions limitées à 89 g/km de CO2, ce véhicule répond à nos attentes et constitue une passerelle vers les technologies électriques, sans que se posent les questions de la recharge ou encore de la valeur de revente ». Sur ce sujet de l’électrique, Emmanuel Rétif suit l’évolution des technologies et les actions menées par les grands groupes. « L’hybride est maintenant plus attractif qu’un “full électrique“. Néanmoins, je pense que l’électrique représente le sens de l’histoire. Mais il n’en faut pas moins que l’offre soit attractive et que les loueurs y croient aussi, surtout pour les valeurs résiduelles », complète-t-il.
Des formations à la sécurité routière et à l’éco-conduite
Parmi les leviers pour réduire les émissions de carbone, SFD s’attaque aussi à la conduite de ses salariés. « Notre premier stage de sécurité routière a été lancé en 2008 et a impliqué nos 200 conducteurs. Cette formation a comporté une partie théorique et une partie pratique, avec l’Automobile Club Prévention comme partenaire », rappelle Emmanuel Rétif. Avec des résultats probants : SFD est passé d’une moyenne d’un accident tous les trois ans par véhicule la première année, à un accident tous les quatre ans, alors que parallèlement, le parc automobile s’accroissait de 30 % en nombre de voitures. À terme, un taux de 0,2 est visé, soit un accident par véhicule tous les cinq ans. « Nous avons aussi besoin d’une action pour rebondir sur cette formation et entretenir la vigilance, poursuit Emmanuel Rétif. En effet, il ne sert à rien de disposer de véhicules peu émetteurs de CO2 si nous ne cherchons pas à améliorer le comportement de nos conducteurs. Cette année, nous voulons donc renouveler cette formation, mais cette fois sur le thème de l’éco-conduite, avec un rappel sur la sécurité. Notre cible est double : rappeler les bonnes attitudes de conduite et optimiser le rendement énergétique du véhicule. Sur ce sujet, nous savons que les trois leviers d’action demeurent les performances du véhicule lui-même, l’attitude du conducteur, mais aussi la peur du gendarme. Cette formation sera déployée en 2011 et tous les conducteurs seront concernés progressivement. Sur la consommation de carburant, nous estimons pouvoir obtenir une baisse de 20% ».
Un élément important : au sein de SFD, ces formations à la sécurité routière ont été intégrées dans le DIF, afin de toucher l’ensemble des collaborateurs qui utilisent des véhicules, par exemple pour venir travailler. « Nous procéderons pareillement avec l’éco-conduite : la sécurité n’est pas l’apanage de ceux qui bénéficient d’un véhicule de fonction. Ces formations servent bien sûr à titre professionnel mais aussi à titre personnel », avance le responsable. Autre piste : le transport électrique. Ainsi, depuis juin 2010, SFD fait appel à l’offre électrique du transporteur Deret pour la livraison de ses 26 magasins à Paris, avec à la clé des émissions de CO2 ramenées à zéro. « En cela, nous suivons le principe que les kilomètres les plus polluants sont souvent ceux parcourus en centre-ville », note Emmanuel Rétif.
SFD fait certifier sa sécurité routière
En septembre dernier, SFD a été la première entreprise à obtenir la certification « Système de management de la sécurité routière » (SMSR) dans le cadre du référentiel du Centre national de prévention et de protection (CNPP). Ce référentiel a été rédigé par l’association PSRE (Promotion et suivi de la sécurité routière en entreprise), en collaboration avec les assureurs de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA), la direction de la sécurité et de la circulation routières (DSCR), ainsi que des professionnels de la prévention.
« A vec cette certification valable trois ans, je souhaitais que nos actions puissent prendre toute leur valeur. Cette démarche nous amène aussi à être audités, ce qui permet de vérifier que nous avons bien réfléchi sur chacun des points : la politique a-t-elle été bien définie et expliquée à tous, les objectifs chiffrés sont-ils en place, soit un accident tous les cinq ans par véhicule ? Quels sont les supports de communication, quelle est la formation des acteurs et des managers, comment l’organisation est-elle structurée (comité de pilotage, etc.) ? », énumère Emmanuel Rétif.
« En outre, nous demandons à notre direction de l’audit de contrôler la bonne application des règles, cette direction étant par essence indépendante. Sur ce sujet de la sécurité routière, nous sommes montés d’un cran. Ce certificat est entré dans le patrimoine immatériel de l’entreprise, il est à conserver et à valoriser », conclut le responsable.
Le choix du transport électrique pour les centres-villes
Cette démarche a été lancée par la direction produits de SFD, en charge de la logistique des livraisons, et une réflexion est en cours pour l’étendre aux grandes métropoles régionales. Un point à ne pas négliger : les colis de SFD sont mutualisés avec ceux d’autres enseignes et Deret optimise ses allers-retours afin que ses camions ne roulent pas à vide (voir notre reportage Deret dans Flottes Automobiles n° 167). Au-delà de la flotte automobile, SFD veut élargir sa réflexion à l’ensemble des déplacements des salariés. « Nous avons 350 sites dans l’Hexagone dont 80 en Îlede- France. Dans tous les cas, nous privilégions les transports en commun dans nos trajets, dont le train et le TGV. Lorsque nous tenons des réunions à Paris, les forces de vente viennent donc en train », détaille Emmanuel Rétif. Qui souligne cependant que certains sites sont plus difficiles d’accès et nécessitent d’utiliser la voiture ou bien l’avion. « Et si nous employons les moyens dématérialisés de communication, dont les conférences audio ou vidéo, nous privilégions les rencontres physiques lorsqu’elles sont nécessaires », explique-t-il.
Le développement durable, un état d’esprit pour SFD
Parallèlement, SFD actionne tous les leviers du développement durable : économie d’énergie, de papier, d’eau, etc. « Il s’agit bel et bien d’un engagement et d’un état d’esprit de SFD : nous sommes titulaires du label égalité et nous avons signé la charte de la diversité ou encore celle de la parentalité en entreprise », conclut Emmanuel Rétif.
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